À quoi sert un projet de naissance ?

Pour la Haute Autorité de santé, le projet de naissance est la conjonction entre les aspirations de la femme et du couple et l’offre de soins locale. Il peut porter sur l’organisation du suivi médical, la préparation à la naissance, les modalités d’accouchement et le suivi après la naissance (HAS, 2005).

La directive qualité publiée en 2023, élaborée sous l’égide de l’Audipog et du collectif d’usagers CIANE avec les sociétés savantes de la périnatalité (dont le CNGOF et le Collège national des sages-femmes), en précise l’esprit. La réalisation d’un projet de naissance est recommandée en France depuis 2005 et c’est un droit pour toute femme enceinte ou tout couple. Plus que l’expression d’un accouchement rêvé, c’est un outil de communication entre parents et professionnels, qui vise à renforcer la confiance entre vous, votre accompagnant et les personnes qui seront à vos côtés (Audipog et al., 2023).

La HAS demande de son côté aux équipes de rendre la femme actrice de son accouchement, en établissant une discussion qui prend en compte au mieux ses préférences et ses attentes, exprimées éventuellement dans un projet de naissance, dans la mesure où elles restent compatibles avec la sécurité, l’hygiène ou les protocoles établis (HAS, 2017).

Ce n’est pas obligatoire : les femmes ne sont pas tenues de proposer un projet de naissance, ni d’avoir un avis sur tous les thèmes (Audipog et al., 2023). C’est d’ailleurs une démarche encore peu répandue : en France métropolitaine, 10,2 % des femmes avaient rédigé un projet de naissance en 2021 (3,7 % en 2016) et 70,1 % déclaraient n’avoir aucune demande particulière, sans que l’enquête puisse dire si cela traduit la confiance envers l’équipe ou le fait de ne pas oser demander (ENP, 2021).

Quand le rédiger ?

Idéalement bien avant le terme, par étapes, dans un dialogue continu avec les professionnels qui suivent votre grossesse : préparer le projet aide à identifier ce que vous voulez partager avec l’équipe, vos forces, vos vulnérabilités et vos besoins (Audipog et al., 2023).

Plusieurs rendez-vous s’y prêtent. L’entretien prénatal précoce, individuel ou en couple, est un temps d’échange et d’écoute pour faire le point sur votre projet de naissance ; il est conseillé dès le 4e mois, mais il n’est jamais trop tard (Assurance maladie, 2026). Les séances de préparation à la naissance sont aussi une occasion de s’informer sur les pratiques du lieu où vous accoucherez (Audipog et al., 2023). Notre guide de la préparation à l’accouchement fait le point sur ce qui est pris en charge.

Le projet peut évoluer tout au long de la grossesse et de l’accouchement (Audipog et al., 2023). Inutile d’attendre qu’il soit parfait : une première version écrite à deux, même incomplète, ouvre la discussion.

Ce qu’un projet de naissance peut contenir

La directive de 2023 propose huit grandes parties, à utiliser librement : vous pouvez n’en remplir qu’une partie, en faire un simple support de discussion ou aborder d’autres sujets (Audipog et al., 2023) :

  • faisons connaissance : vos ressources et vos forces, ce que l’équipe doit savoir de votre histoire, vos peurs ou vos besoins liés à l’accouchement (si la peur est intense, notre article sur la tocophobie peut vous aider à en parler) ;
  • le début de l’accouchement, qu’il soit spontané, déclenché ou programmé ;
  • l’accompagnement pendant les contractions : ce qui vous met à l’aise (lumière, musique, bain ou douche) et comment vous imaginez bouger (marche, positions, ballon) ;
  • la phase de poussée : ambiance de la salle, place de votre accompagnant, position, protection du périnée ;
  • les personnes que vous souhaitez avoir à vos côtés ;
  • juste après la naissance : coupe du cordon, délivrance, accueil du bébé et peau-à-peau, soins, alimentation ;
  • les jours qui suivent : accompagnement, visites, gestes à apprendre, soutien supplémentaire ;
  • tout autre point que vous souhaitez aborder.

Ce que les femmes demandent le plus souvent

Dans l’Enquête nationale périnatale de 2021 (France métropolitaine), parmi les femmes qui avaient des demandes particulières pour leur accouchement, les plus fréquentes étaient le peau-à-peau avec le bébé (67,3 %), pouvoir marcher ou changer de position (60,1 %) et limiter les actes médicaux comme l’épisiotomie, la césarienne ou l’oxytocine (52,2 %). Parmi elles, 38,2 % demandaient d’accoucher sans péridurale (ENP, 2021).

Le soulagement de la douleur n’apparaît pas comme une partie à part dans la directive, mais beaucoup de couples veulent en parler : péridurale, méthodes sans médicament, gaz. Notre modèle lui consacre un encadré, et deux articles détaillent le sujet : péridurale et préparation mentale et accoucher sans péridurale.

Un modèle à imprimer, sans inscription

Nous avons préparé une trame libre, à imprimer ou à enregistrer en PDF, que vous complétez à deux, à la main. Elle reprend les huit parties de la directive de 2023 et y ajoute un encadré sur le soulagement de la douleur. Elle ne demande aucune adresse e-mail, rien de ce que vous écrivez n’est enregistré, et elle ne remplace pas le formulaire de votre maternité.

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Comment en discuter avec l’équipe

Un projet de naissance n’est pas un document que l’on dépose : c’est un support de dialogue. Pour tout acte médical, les professionnels doivent vous donner des informations claires, adaptées et justifiées scientifiquement afin que vous puissiez donner votre consentement ou non, et certains de vos souhaits pourraient évoluer ou ne pas pouvoir être réalisés pour des raisons médicales (Audipog et al., 2023). Quelques repères pour que la discussion serve à quelque chose :

  • le montrer à votre sage-femme ou à votre médecin bien avant l’accouchement, et leur demander ce qui est possible dans votre maternité ;
  • vous informer sur les pratiques du lieu où vous accoucherez : en 2021, 69,3 % des maternités de France métropolitaine disposaient d’au moins une salle dédiée à des accouchements moins médicalisés (espace physiologique, salle nature) et plus de 65 % déclaraient proposer souvent ou systématiquement la rédaction d’un projet de naissance (ENP, 2021) ;
  • ne retenir que l’essentiel : nous vous conseillons trois ou quatre priorités plutôt que tout écrire (un conseil d’usage, que la directive ne formule pas). Elle précise que le projet donne à l’équipe une vision globale de ce qui compte pour vous, ce qui permet aux professionnels d’aller à l’essentiel et d’établir rapidement un contact personnalisé, et que vous pouvez n’en remplir qu’une partie (Audipog et al., 2023) ;
  • formuler des souhaits et des questions plutôt que des exigences ;
  • en garder un exemplaire dans votre dossier de grossesse et en emporter une copie le jour J : à l’admission, les recommandations britanniques demandent à l’équipe de discuter vos préférences et de relire tout projet de naissance écrit (NICE, 2023).

Le rôle du partenaire dans le projet de naissance

La HAS parle de la participation active de la femme et du couple dans leur projet de naissance (HAS, 2005), l’OMS recommande que chaque femme puisse être accompagnée de la personne de son choix pendant tout le travail et l’accouchement (OMS, 2018), et la directive de 2023 consacre une partie à la question : qui souhaitez-vous à vos côtés, et quelle place pour votre accompagnant au moment de l’expulsion (Audipog et al., 2023).

Écrire le projet à deux, c’est aussi préparer le rôle du partenaire. Concrètement, il ou elle peut :

  • participer à la rédaction, et pas seulement à la relecture ;
  • connaître les priorités retenues par cœur, pour pouvoir les rappeler à l’équipe si la future mère n’en a pas l’énergie ;
  • dire ce qu’il ou elle souhaite faire (accompagner la respiration, faire du peau-à-peau, couper le cordon) et ce qui lui est difficile ;
  • préparer sa propre présence : un soutien continu pendant le travail est associé à un peu moins de recours à une analgésie et à un vécu moins souvent négatif de l’accouchement, avec des preuves en partie de faible qualité ; cette revue Cochrane porte sur le soutien continu en général (personnel de la maternité, accompagnante de type doula ou proche choisi par la femme) et n’isole pas le partenaire (Bohren et al., 2017).

Exemples de formulations

Ces phrases sont des exemples à adapter, pas des textes officiels. Elles disent ce que vous souhaitez, laissent la place à l’avis de l’équipe et gardent la sécurité comme priorité commune :

  • « Nous aimerions pouvoir bouger et changer de position pendant le travail, si la surveillance et l’état de santé le permettent. »
  • « Pour la douleur, nous souhaitons essayer d’abord la respiration, le bain ou le ballon, en gardant la possibilité de demander une péridurale à tout moment. »
  • « Si c’est possible, nous aimerions une lumière douce, et que mon partenaire puisse rester près de moi en continu. »
  • « Si une césarienne devenait nécessaire, nous aimerions que mon partenaire puisse être présent, si les conditions le permettent. »
  • « Après la naissance, nous souhaitons du peau-à-peau dès que possible, sans séparation sauf nécessité médicale. »
  • « Nous avons peur de [à préciser]. Nous aimerions que l’équipe nous explique ce qu’elle fait, au fur et à mesure. »

Quand les choses ne se passent pas comme prévu

Un projet de naissance n’est pas un scénario. La directive de 2023 précise que certains souhaits pourraient évoluer à votre demande ou ne pas pouvoir être réalisés pour des raisons médicales, d’où l’intérêt d’en discuter en amont et d’anticiper les scénarios possibles (Audipog et al., 2023). La HAS note de son côté qu’il est possible de passer d’une modalité d’accompagnement à une autre, par choix ou par nécessité (HAS, 2017).

Changer d’avis, demander une péridurale, accepter une intervention proposée : rien de cela n’est un échec du projet. Préparer ensemble deux ou trois plans B, avec leurs raisons, aide à les vivre plus sereinement.

Questions fréquentes sur le projet de naissance

Quelques réponses brèves, sourcées dans l’article.

Le projet de naissance est-il obligatoire ?

Non. La directive qualité de 2023 rappelle que les femmes ne sont pas obligées d’en proposer un, ni d’avoir un avis sur tous les thèmes. Sa réalisation est recommandée en France depuis 2005 et c’est un droit pour toute femme enceinte ou tout couple.

Quand faut-il l’écrire ?

Idéalement bien avant le terme, par étapes, en dialogue avec les professionnels qui vous suivent. L’entretien prénatal précoce, conseillé dès le 4e mois, est un bon moment pour en parler, et le projet peut évoluer jusqu’à l’accouchement.

La maternité est-elle obligée de suivre mon projet ?

La HAS demande aux équipes de prendre en compte au mieux vos préférences, dans la mesure où elles restent compatibles avec la sécurité, l’hygiène ou les protocoles établis. Certains souhaits peuvent ne pas pouvoir être réalisés pour des raisons médicales ; pour tout acte médical, vous devez recevoir une information claire et pouvez donner ou non votre consentement.

Faut-il l’écrire à deux ?

Rien ne l’impose, mais la HAS parle de la participation active de la femme et du couple, et le projet est l’occasion de préparer le rôle du partenaire : connaître les priorités, savoir les rappeler à l’équipe et dire ce qui lui est difficile.

Peut-on y écrire que l’on veut une péridurale, ou au contraire s’en passer ?

Oui, dans les deux cas. Pour un accouchement à bas risque obstétrical, la HAS demande d’offrir une analgésie locorégionale aux femmes qui le souhaitent et d’accompagner celles qui choisissent des moyens sans médicament ; si votre grossesse présente un risque particulier, discutez-en avec votre équipe. Écrivez-le comme un souhait, en gardant la possibilité de changer d’avis.

Où trouver un formulaire ?

Votre maternité propose peut-être le sien : en 2021, plus de 65 % des maternités de France métropolitaine déclaraient proposer souvent ou systématiquement la rédaction d’un projet de naissance. Notre modèle à imprimer est une trame libre, inspirée de la directive de 2023 ; il ne remplace pas le formulaire de votre maternité.

Peut-on le modifier après l’avoir remis ?

Oui. La directive indique qu’on peut le faire évoluer tout au long de la grossesse et de l’accouchement. Pensez simplement à remettre la version à jour à votre sage-femme et à l’équipe.

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Il s’agit d’un accompagnement non médical, complémentaire du suivi et des séances proposés par les professionnels de santé. Il ne les remplace pas et ne promet pas un accouchement sans douleur. Les séances ont lieu en visio, où que vous viviez, ou à Brive-la-Gaillarde.

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Sources

Sources consultées en octobre 2026.

  1. HAS (2005). Préparation à la naissance et à la parentalité (PNP), recommandations professionnelles : § 2.1 (définition) et étape 1. has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/preparation_naissance_recos.pdf
  2. HAS (2017, actualisation validée le 23 novembre 2023). Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales, messages clés. has-sante.fr/jcms/c_2820336/fr/accouchement-normal-accompagnement-de-la-physiologie-et-interventions-medicales
  3. Audipog, CIANE et sociétés savantes de la périnatalité (2023). Directive qualité portant sur le contenu attendu d’un projet de naissance, texte long, 3 juillet 2023. auvergne-perinat.org/wp-content/uploads/2023/07/Directive-Qualite-Projet-de-naissance-Texte-long-1-juillet-2023.pdf
  4. Inserm, DREES, Santé publique France (2022, mise à jour 2023). Enquête nationale périnatale (ENP), rapport 2021, tableaux 27 et 97a. enp.inserm.fr/wp-content/uploads/2023/09/ENP2021_Rapport_MAJ_Juin2023.pdf
  5. Assurance maladie (2026, mise à jour du 2 juin 2026). Se préparer à l’arrivée de bébé tout au long de la grossesse : entretien prénatal précoce, ameli.fr. ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/grossesse-en-bonne-sante/grossesse/preparation-parentalite
  6. NICE (2023, mise à jour 2026). Intrapartum care (NG235), recommandation 1.4.11. nice.org.uk/guidance/ng235/chapter/Recommendations
  7. OMS (2018). WHO recommendations: intrapartum care for a positive childbirth experience. Recommandation 3. who.int/publications/i/item/9789241550215
  8. Bohren M. A. et al. (2017). Continuous support for women during childbirth. Cochrane Database of Systematic Reviews. doi.org/10.1002/14651858.CD003766.pub6